L’autre côté de la vie – P. Ragueneau

Catherine Anglade

 

 Synopsis : 

« Après plus de trente ans d’une union heureuse et d’un amour constant avec son mari, Catherine Ragueneau, atteinte d’un cancer, meurt dans d’horribles souffrances. Non sans avoir promis à son mari qu’elle serait toujours présente. Alors commence l’incroyable : Catherine va communiquer par la pensée avec son mari, le conseiller et lui éviter les faux-pas de la vie quotidienne tout en lui procurant des indications sur le mode de perception dans l’au-delà… »

 




 

Témoignage de la survivance de l’âme : 

Le livre que je vous présente aujourd’hui, L’autre côté de la vie, est un témoignage de la survivance de l’âme au-delà de la mort, mettant en scène la vie et les échanges entre Philippe Ragueneau, journaliste et écrivain français et son épouse Catherine Anglade, actrice, réalisatrice et productrice de télévision, avant et après le décès de celle-ci.

 

L’amour au-delà de la mort

L’amour est le lien qui unit les êtres vivants ou décédés. C’est sans aucun doute l’amour et la complicité qui ont permis cette communication si rapide et aisée entre Philippe et sa femme. Tous deux s’étaient entretenus au sujet de la mort et de la survivance de l’âme avant le décès de Catherine facilitant leurs échanges. Une certaine ouverture d’esprit, être à l’écoute des signes et de son propre ressenti sont les conditions propices à la communication. « Chacun doit faire la moitié de la route » ou dit autrement, s’aligner sur la même fréquence : descendre/densifier ses vibrations pour celui qui est en haut, augmenter ses vibrations pour celui qui reste en bas de manière à pouvoir se rejoindre par la pensée.

 

« Si tu as des problèmes ou si tu es paumé, tu me demandes – Comment feras-tu pour m’aider ? Tu ne seras plus là!… – Si, je serai là. Je ne te quitterai jamais. Je ne te laisserai pas tomber, le tintouin. »

Mais de quelle manière viendrait-elle à mon secours ? Nous ne savions pas exactement, ni elle, ni moi. Pourtant, nous en parlions souvent, le soir, sitôt l’infirmière partie et avant que ne pointe la garde de nuit. « L’important, me disait-elle, est de le vouloir et d’y croire, toi comme moi. » p.97

Le soutien depuis l’au-delà : 

A l’instar d’un Ange-Gariden, Catherine souffle des conseils, des mises en garde à l’oreille de son petit protégé, qui lui parviennent sous la forme d’intuitions, de dialogue inspiré. Ainsi, elle facilite ses déplacements, l’aidant à résoudre les petites tracasseries du quotidien, lui évitant quelques catastrophes sans toute fois interférer dans l’ordre naturel des choses. 

 

« Je te l’ai dit, je suis pas thaumaturge. Je ne suis qu’une petite bonne femme qui se trouve un peu mieux placée que vous autres pour plaider les bonnes causes. Je peux donc essayer – je dis bien, essayer – de faire en sorte que les conséquences de vos maladresses ou de vos erreurs soient limitées. Mais, plus généralement, je dirais même, plus normalement, mon aide consiste à inspirer de bonnes décisions et à dispenser les bons conseils. Ça, c’est à ma portée en permanence et ne dépend que de moi seule. Alors tâche d’écouter mes conseils, le tintouin, ce que tu ne faisais pas tellement quand nous vivons ensemble. » p.126

 

Et puis il y a les signes tangibles, relevant parfois du « surnaturel », ce que nous attendons tous. Ils sont le privilège qu’un défunt doit utiliser avec parcimonie dans le but d’établir un lien. Une fois la preuve établit, les signes deviennent inutiles et commence alors la communication subtile.

La perception dans l’au-delà.

Catherine reste discrète quant à sa vie, son environnement et ses occupations dans l’au-delà d’une part, parce qu’il lui est difficile de retranscrire ses sensations avec des concepts terrestres, se heurtant au manque de vocabulaire. D’autre part, ce qu’elle est en droit de révéler est limité, tout comme son savoir se limite à sa présente évolution. Malgré tout, elle nous laisse entrevoir une sensation d’amour et bonheur infini, conforme à la plupart des lectures que l’on trouve sur l’au-delà.

 

« Les mots dont tu te sers et dont je me servais moi-même « avant », ne peuvent en aucun cas décrire ou expliquer cette autre vie qu’est la mienne, ni davantage mon environnement. Il s’agit ici d’un autre univers d’autres perceptions, d’autres émotions, d’autres facultés et d’un autre langage.

Ce que je peux te dire seulement, car tu peux le comprendre, c’est que les notions de temps et d’espace n’existent plus. Nous sommes libérés des pesanteurs terrestres et des contraintes qui corsetaient la pensée, le mouvement, la communication. Et puis, le plus important… Je n’avais, sur Terre, qu’une perception étriquée de Dieu, quelque chose de vague, de peu réfléchi, un reliquat d’éducation chrétienne, une routine qui vous conduit, avec les autres, aux fêtes carillonnées, vers des messes distraites et un peu ennuyeuses… Mais ici !… L’éblouissement dans le bonheur… » p.120

Catherine Anglade

Philippe Ragueneau et sa compagne Catherine Anglade.

La présence des chats 

Mimi et Lulu, les chats tant aimés et choyés nous font l’honneur de leur présence tout au long du roman révélant l’importance de cet animal au sein du couple. Philippe Ragueneau est d’ailleurs l’auteur d’une série de livres mettant en scène les chats : Les nouvelles aventures du chat Moune, Le chat Moune et ses copains, Ulysse, le chat qui traversa la France ou encore Le bel été de Gros-Mimi et Petit-Lulu, pour ne citer que ceux-ci.

 

« Les chats ont un sixième sens, tout le monde le sait. Ils perçoivent des choses qui nous échappent, se précipitent à la porte pour nous accueillir à l’instant que l’on garait la bagnole très loin dans la rue; ils peuvent – pour rentrer chez eux, faire huit cents kilomètres en pleine cambrousse et sans se tromper, ils flairent les orages et les tremblements de terre bien avant nous. Je pense donc, sans pouvoir l’affirmer, que Lulu avait senti la présence de Catherine; et c’est autour d’elle qu’il virevoltait, c’est vers elle que portait son regard. Et même – ô miracle ! – il ronronnait ! » p.149

Ce que j’en ai pensé : 

J’ai eu l’occasion de lire plusieurs témoignages psychographiés, tantôt lumineux (cf Ma vie au paradis), tantôt sombre (cf. Daniel, je sais pourquoi, Dans l’ombre du corridor), décrivant chacun à leur manière leur perception de l’au-delà, se rejoignant sur de nombreux points (exceptées les expériences négatives qui vont dans le sens inverse du bonheur absolu, ils s’agit dans ce cas de témoignages d’esprits en souffrance). De ce présent ouvrage, je retiens avant tout la simplicité du récit qui lui donne toute crédibilité. Il faut dire aussi que nos deux personnages ont beaucoup d’humour et font preuve d’une grande complicité. Ce lien qui les unit nous ferait presque oublier la frontière entre les deux mondes. 

 

L’autre côté de la vie – Philippe Ragueneau 

Le 07 mars 2003, Jean-Claude Carton recevait Philippe Ragueneau
sur Radio Ici & maintenant.

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